mercredi 6 avril 2016

Quand la timide se rebelle


06/04/16
16H07



Bon. 
Je suis allée à mon rendez-vous. 

J'ai serré mes mains sur le volant et bien respiré, jusqu'à la cité universitaire où j'ai pris le premier tram, puis le second - bondé, comme toujours, à en retenir sa respiration, craignant de ne parvenir à en sortir. Je parviens jusqu'à l'hôpital de jour et vais m'annoncer au secrétariat. Et là, je déchante direct : "votre coordinatrice est absente depuis trois jours, elle n'est pas là aujourd'hui". Sur le coup, je suis sonnée, je fais demi tour, et la haine me dévore soudain. Je sors mon portable, cherche le numéro du secrétariat, et complètement furieuse, je les appelle sans réfléchir une seconde.

"Oui, je viens de quitter votre secrétariat, je tenais à vous dire que vous auriez pu me prévenir : j'ai une heure et demi d'aller et une heure et demie de retour pour venir jusqu'ici, ça serait la moindre des choses que de prévenir en cas d'absence d'un de vos soignants ! Je suis venue pour rien, j'habite loin, je n'ai pas que ça à faire ! "

Je m'étonne moi-même : d'habitude je me fais toute petite, comme hier quand les témoins de Jéhovah sont venus frapper à ma porte et que j'ai pas su les faire fuir, ai accepté de prendre leur fichu prospectus, et la sentence : "on reviendra quand vous l'aurez lue pour discuter".

La secrétaire se confond en excuses, et "ça ne se reproduira pas". Y'a intérêt ! Je reprends mes deux trams, la voiture, je rentre énervée et frustrée. 
Mais je suis fière de moi malgré tout, car j'ai râlé, ce que je ne fais jamais, j'ai trop peur, ou je n'ose pas.

Bref, j'ai fait l'aller-retour pour rien. J'ai gaspillé de l'essence et des tickets de tram pour rien. Vraiment, appeler pour prévenir, c'était si compliqué que ça ??

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