13/04/16
09H49
Ça va. Ça fait bizarre. Pourvu que ça dure.
Si j'occulte certains détails très loin au fond de moi, si, si, ça va. Je me sens peut-être un soupçon plus confiante, moins négative.
J'ai en quelque sorte réalisé qu'il fallait profiter du moment présent : on ne sait ce que nous réserve la vie, et dans mon cas, je sais que je dois doublement en profiter : je suis en danger, mais je ne veux pas parler de ça ici, ou ailleurs.
Alors doublement, j'essaie de profiter, quand j'y arrive.
Sans parler qu'avoir trente ans désormais me fait réaliser à quel point le temps file. Si je ne fais rien, je vais me réveiller à regrets un beau matin ou un soir. Même si je devrais déjà me réveiller sur mon passé instable et destructeur qui n'aura rien apporté de bon. Sauf que non, je ne réalise toujours pas ce temps que j'ai gâché et perdu. En quelque sorte, ça fait parti de moi, ça a fait de moi celle que je suis aujourd'hui. Je ne vois pas ces années comme des années annulées, disons plutôt que je vois l'évolution, je me dis, il a fallu que je passe par toutes ces épreuves, sans elles, je ne serais pas celle que je suis, ou, je ne serais plus là.
Même si je sais que la route est longue, même si je sais que je ne m'en suis pas encore sortie, même si je sais que je resterai bipolaire - ça part pas au lavage, que lutter contre la phobie sociale est un travail à plein temps, lutter contre mes angoisses chroniques et le trouble borderline qui m'fait faire n'importe quoi.
Je me sens peut-être plus sage, plus... philosophe. Mais comme je le disais au psychiatre hier : j'ai peur de dire "ça va", car tout peut si vite changer... car les idées noires et la noirceur peuvent si vite revenir... j'ose pas, j'ai peur que le dire fasse tout dégringoler. Bref... je le dis à demi-mot : ça va, je crois. J'ai une peur folle d'une crise imprévue, d'une période dépressive de plus. Je sais que je ne suis pas à l'abri de ce genre d'obscurités.
J'écoute Renaud en boucle. Et d'autres.
Je réécris des poèmes, je re-peins un peu, je retrouve le goût de la lecture. Le vide s'éloigne un peu, donc. Ce vide qui me bouffait et me laissait à moitié morte sur le lit à fixer le mur.
J'essaie de respirer, lâcher prise, avaler tout l'oxygène réapparu, car sans pessimisme, je sais que mes humeurs varient malgré le traitement, je sais que je peux sombrer du jour au lendemain. Alors profitons. Tant que ça dure.

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