12/04/16
07H57
Comme à chaque rendez-vous. Se rassurer. La conduite. Ça va bien se passer. Et le train. Et le tram. Et le groupe. Et rebelote sur le retour. Si, si, ça va bien se passer. Mes trois lysanxia autorisés dans le sang. En prendre un ou deux de plus ? Peut-être. En partant. On verra. La peur de conduire et la peur des autres entremêlées. Des peurs par si, par là, à droite, à gauche, en diagonale. Mais ça va aller, hein ?
Dehors le ciel est bleu, ça fait toujours plaisir. Je vais arriver en avance, comme d'habitude. Il faut que je prenne un livre. Je crois. Mais ça va aller, hein, promis ?
Je me rassure, je me répète des phrases qui perdent leur sens force d'être répétées, je ne sais pas si c'est la bonne technique. J'essaie - j'aimerais - me créer un personnage, me fondre en une autre, une qui n'aurait peur de rien, ni de personne. Une fille qui vivrait sa vie sans heurts ni craintes, la tête haute et les idées claires. J'essaie d'oublier celle que je suis, oh que j'aimerais la tuer symboliquement celle-là. La tuer, l'achever, une fois pour toutes, pour en créer une autre, me créer sous la forme d'une autre au niveau de mes pensées. Ne plus ressentir d'angoisse. D'angoisses. De craintes et de peurs infondées mais présentes.
Ça va aller. Faut se dire ça. Je voudrais que les angoisses me fichent la paix. Qu'elles aillent embêter, handicaper quelqu'un d'autre. Œil pour œil. M'en fous. Tant que je ne suis plus leur victime. Parfois, je rêve qu'il suffise d'une opération au cerveau, qu'on m'ôte un petit truc qui bloque ou bug, et que les angoisses au réveil ne soient que du passé. J'ai déjà la bouche sèche. Respire... respire, bon sang.
Ça va aller. Hein. Ça va aller.

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