vendredi 19 août 2016

Fin de semaine


19/08/16
08H41




Dans une semaine. Les vacances. Le mariage de ma Princesse. Quitter la région. Se barrer à l'autre bout de la France.
J'ai appris à me servir seule de la sonde (bon, j'y passe du temps, mais j'y arrive), je peux m'en occuper sans l'infirmière désormais. C'est chiant, mais ce qui me faisait le plus peur s'est atténué : je gère la douleur.  Noter, noter, noter dans des tableaux, noter des heures, des millilitres. Il va avoir de la lecture, l'urologue...
Je ne me sens pas comme d'habitude, généralement j'adore attendre les vacances, l'attente, oui. Là non. J'ai peur du retour. Peur qu'on se retrouve et qu'au retour on se sépare, on se parle moins, la routine, tout ça. Peur de déconnecter et devoir me reconnecter au retour. Et ça sera l'époque des jours plus courts, l'annonce de l'hiver, et mes dépressions saisonnières qui vont ressurgir, je n'y échappe jamais. L'été, je ne l'ai vu passer.
Hier, contente d'avoir conduit deux heures sous la pluie pour aller chez le psy. Je me demande si je vais continuer. J'en sais rien. J'ai l'autre psy qui gère le traitement, mais là, le parcours me fait si peur. Un coin merdique pour conduire, stressant. Et trouver où se garer... quand on sait pas encore tout à fait se garer... je verrai bien.
Le moral se maintient sans idées noires est c'est bien l'essentiel. 

Tant qu'il n'y a pas d'idées noires... il y a de l'espoir.

lundi 15 août 2016

Bla + Bla = Bla


15/08/16
16H57






Je vais finir par perdre mes réflexes, n'ayant pas de RDV cet été, puisqu'il faut bien que mes soignants partent en vacances.
Un rendez-vous jeudi, ce trajet qui me déplait tant, pourvu que j'y arrive, pourvu.

J'ai eu droit à ma première sonde urinaire ce matin, et bon sang, j'arrêtais pas de gémir des conneries sous l'effet de la douleur "oh aîe je pourrai pas faire ça longtemps oh putain non je pourrai pas". Limite voulu crier à l'infirmière de m'ôter cette tige, j'arrivais plus à respirer, j'essayais de penser à plein de choses pour me changer les idées mais je racontais n'importe quoi en mode automatique. Heureusement, ça n'a pas été trop long, mais assez pour que je fasse une (petite) crise d'angoisse à l'idée de toutes les autres fois où il faudra serrer les dents. La prochaine fois, ce soir. Elle m'a dit venir vers 19H/19H30 et plus ça approche, plus je stresse. Ce matin, je savais pas quel effet ça faisait, j'avais un peu les mains dans les poches, mais maintenant que je sais que ça brûle comme ça, j'angoisse. Une vraie trouillarde. 

Bref. Quand faut y aller... faut y aller. Dans quoi me suis-je (encore) embarquée...


jeudi 11 août 2016

Routine


11/08/16
09H57



Les journées sont longues. Il me manque. On s’aperçoit brièvement. Il rentre et je m'endors. Les journées sont longues, propres aux ruminations. Le matin, je gère, mais jusqu'à 19H, c'est la catastrophe. J'abuse de médocs, je deviens folle, je me sens mal, et si seule.

C'est ça, surtout, en ce moment.

Je me sens si seule.

lundi 8 août 2016

Sortez de ma tête !


08/08/16
18H56


Elles reviennent toujours. Il me dit, elles reviendront toujours. Alors à quoi bon ? A quoi bon tenir si c'est pour qu'elles s'infiltrent toujours en moi ? Elles finiront par m'avoir. C'est un fait. J'ose penser, fais le vite, ils seront deux à faire leur deuil ensemble... ridicule. J'essaie de penser à autre chose mais ça m’envahit totalement. T'aimerais que ça s'arrête, hein ? Alors pourquoi tu luttes ? Écoute-nous. Met le GPS et va-y sans élastique. Mais si, tu trouveras ton chemin. Tu attendras le crépuscule, que tout le monde aie quitté les lieux. Et si, si, tu l'auras le courage. C'est comme avec l'élastique sauf que la finalité est la fin de toute cette mascarade. Aller, écoute-nous, aller, aller, tu veux en finir avec la souffrance ou non ? Ils se remettront tôt ou tard de ton départ. Sois égoïste, pense à toi...

Sortez de ma tête... !

dimanche 7 août 2016

Dimanche


07/08/16
07H18




L'infirmière doit passer dans la journée et voir avec mon médecin, pour essayer de faire en sorte que ça me coûte le moins cher possible. J'espère sans espérer, j'attends de voir.

J'ai été étrangement très bouleversée par le suicide de la sœur d'un ami. Elle s'est jetée du douzième étage. 
Est-ce parce que j'y pense très régulièrement et que je vois "l'après" ? 
Est-ce parce que je m'intéressais à cette femme dont je n'entendais que les histoires de la bouche de notre ami ? 
Je demandais souvent des nouvelles, j'avais tant de fois proposé de lui parler. Et oser même m'en vouloir, si je lui avais parlé, elle qui était si seule... peut-être que. On peut refaire le monde avec des "si". Et me dire que je n'entendrai plus jamais parler d'elle. Et avoir tant de peine pour cet ami et sa famille. On en a parlé avec celui que j'aime, et de son passé, et je lui ai fait part de mes craintes : finir par craquer. Il me dit mais toi, tu te bats, elle, elle n'essayait plus. Et ne pas oser dire, tu sais, même si je me bats... le risque reste. Il me dit à l'époque aussi, elle ne se soignait pas. Il s'en veut toujours. Et ça me rend tellement triste.

Peu de RDV, même pas, cette semaine.
Dans trois semaines, les vacances, le mariage de ma Princesse.
J'appréhende l'après. 
On va se revoir, se retrouver, avec lui, pendant trois semaines. Et puis la routine va revenir. On ne fera que s'apercevoir. J'ai peur de chuter. Y'a toujours ce mal-être après les vacances, quand l'automne débute et me déprime. Parce que le froid, et l'annonce de l'hiver. 

Je me noie dans la série Skins.
J'ai toujours l'impression d'avoir leur âge.
Fichu décalage, fichu temps qui passe.
Mes années d'autodestruction me manquent parfois. Je ne saurais dire pourquoi ces années sales et glauques me provoquent de la nostalgie. C'est le monde à l'envers.
 

vendredi 5 août 2016

Monde de merde


05/08/16
16H28




Malgré l'ALD sur l'ordonnance pour l'infirmière que m'a faite le médecin, le cabinet d'infirmières à domicile auquel j'ai appelé m'a annoncé la couleur : mes soins ne sont pas pris en charge par la sécu. 
Que cet ALD donc, ne compte pas, qu'il me faudra payer si je veux me faire soigner. 

Mais voilà, j'ai pas un rond. 

Quand elle m'a annoncé ça, j'ai eu envie de fondre en larmes, épuisée. On touchait enfin au but ! 
Putain... j'attends son dernier appel, sans doute les tarifs que je ne pourrai payer. Je suis vouée à passer ma vie aux toilettes. Y'a pas trente-six solutions. Je paie, ou je n'ai pas de quoi payer.

Et là, non, je n'ai pas l'argent pour me payer le luxe d'une infirmière à domicile...


Nouvelles


05/08/16
10H




Hier, malgré l'angoisse dans le creux du ventre, j'ai tenté de ne pas réfléchir et je suis parvenue à aller à mon RDV psy, et ce n'était pas gagné tant le trajet me faisait peur. J'ai géré, pas de fautes, ça s'est bien passé et ouf, y'avait de la place sur le petit parking. Avec mon psy, on cherche. On cherche ce qui me fait peur au volant, car en y réfléchissant, je sais pas de quoi j'ai peur. (des autres ?) Mes trajets se passent bien, même si je suis tendue comme un string à chaque sortie, mon corps panique alors que dans ma tête je me répète que je sais conduire, que je n'ai pas de raison d'angoisser vu que ça se passe bien la majorité du temps.

Mais voilà, dès qu'il faut prendre la voiture, mon corps panique. Et l'esprit n'est pas encore assez fort pour surpasser les symptômes physiques de l'angoisse. (tremblements, nausée, diarrhées, sentiment de malaise, etc.)

Fière de moi, en rentrant. Me dire : je l'ai fait ! J'aurais pu annuler, mais je l'ai fait ! Sauf que ça n'a pas duré....
... je me suis sentie très seule l'après-midi. Et le soir. J'ai un peu bu, mais ça ne m'a rien fait. De la liqueur de café et des petits verres de rhum pur - ça brûle ! Je me sentais si seule, j'ai envoyé des sms aux rares personnes de mon entourage, cherchant désespérément quelqu'un pour me sauver de la noyade psychique. 

Le soir, légère discussion. Je lui avoue que je ne sais si je tiendrai au long terme. Je l'ai vu une demie heure - le temps de manger - et puis je me suis endormie. Se voir comme ça, si peu, ça me fait tellement mal. Il me manque. Mais je sais qu'il n'a pas le choix et que mes crises de solitude sont égoïste : lui non plus, cette situation ne lui plait pas.

Je sais que la journée va être encore (très) longue. Que la solitude est dans mon dos.

Je manque de matériel pour peindre... et je ne pourrai en racheter. Alors j'essaie de faire avec ce qu'il me reste, mais je rate souvent mes esquisses ou peintures. J'espère que j'aurai assez de choses pour l'exposition, je visualise mal les grilles pour exposer, combien ça peut contenir de dessins, tous grandeurs confondues.
Et j'ai peur, peur de montrer mes œuvres, me mettre à nue, en quelque sorte. Peur aussi que tous les autres fassent des choses superbes et me sentir ridicule avec mes peintures bizarres.

Du reste, j'ai vu mon médecin, je vais devoir contacter une infirmière pour le matin et le soir, pour mes soucis "je passe ma vie aux toilettes". Sonde matin et soir pendant trois mois - mon médecin m'a dit un mois, c'est déjà beaucoup, et c'est très contraignant alors contentez-vous de le faire sur un mois. Je dois tout noter. Ces sondes permettront de vérifier si après être allée aux toilettes, il reste de l'urine dans la vessie (c'est glamour tout ça) et si effectivement il en reste pas mal, alors je ferai l'examen urodynamique. J'espère que l'infirmière m'apprendra à faire ça seule, après tout, ça arrangera et l'infirmière et moi. Mais pendant les vacances, rien, dixit le médecin : profitez de vos vacances sans cette histoire de sonde urinaire, reposez-vous.

L'espoir renaît. Peut-être qu'on finira par trouver ce qui cloche.

Du reste, j'espère que la journée se passera bien. J'espère vraiment. Et que miss solitude ira voir quelqu'un d'autre. Parce que je la déteste de me coller où que j'aille.

mardi 2 août 2016

Anxieuse chronique


02/08/16
08H23





J'avais noté le RDV pour hier. Il s'est avéré que c'était jeudi. "Heureusement" que la panique m'a permis d'éviter d'y aller.
J'ai angoissé toute la matinée, parce que ce trajet me terrifie, c'est toujours bondé, circulation dense, ville, regarder partout, vélos qui font n'importe quoi, peu de places pour se garer... et retour, travaux à ma sortie, donc autoroute, mais travaux aussi sur l’autoroute... ce qui pour une fille traumatisée par sa voiture, ça fait beaucoup.
Avalé neuf seresta. C'est de pire en pire surtout que ça ne me fait rien. Nausées, diarrhées, la totale. J'étais bouffée par une angoisse sans nom.
J'ai paniqué, en prenant le volant, ma jambe flagellait sur la pédale. J'ai fait le tour d'un rond-point, me suis garée, sortie m'assoir dans l'herbe à côté pour appeler mon psy et lui dire : je peux pas... 

- Mais notre RDV est jeudi, pas aujourd'hui.
- Hein ? Ah. Ok...

Dire que j'ai failli y aller pour rien. 

Deux heures de route en tout pour vingt minutes d'entretien, et l'essence, et -surtout - mes peurs vives, et je remets tout en question.

Je ne sais pas encore si demain j'y arriverai. Et si j'y vais, va-t-il m'écouter ou tapoter sur son fichu ordinateur, m'écoutant d'une oreiller ? Et que fait-il d'ailleurs sur son ordinateur ? Il fait ses comptes, il fait des courriers ? J'exige un minimum d’attention, je déteste répéter ou l’entendre me dire "c'est pas facile hein" alors que je lui confie un truc positif. A croire qu'il ne m'écoute pas, ou qu'à moitié, alors les efforts pour aller jusque là-bas...s'ils pouvaient payer, ça serait bien.

On verra demain.
J'ai peur aussi pour l'examen mercredi.Tout le monde me dit que c'est rien, mais j'aimerais les y voir. Je sais que c'est rien, mais je sais aussi que ça sera douloureux. Alors merde, si j'ai envie d'avoir peur, j'ai le droit, non ? Je suis fatiguée qu'on me dise que c'est rien, allez-y, si c'est rien, je vous laisse ma place gratos !