lundi 4 avril 2016

Mademoiselle chante le blues


04/04/16
11H57




Une envie de rien qui persiste et signe. Des soupirs retenus. Une envie oubliée, celle de me faire du mal, quelque soit le moyen employé. L'envie de me défigurer, ne plus supporter le reflet dans le miroir. Alors vouloir couper, brûler, racler. Alors vouloir enfoncer le clou plus fort, plus profondément. 
Pas même d'idées noires, juste un sentiment de malaise général, de cassure. La faille est béante, tout le négatif s'y infiltre. Je pense comater aujourd'hui, avaler trop de tercian, ce qui de toute façon ne me fera nul effet, je rempli et rempli la pipette, je bois, encore, 50 gouttes par si, 100 gouttes par là, et encore 50 gouttes, mais mon organisme ne se calme pas. Il en rit, de mes tentatives de l'assommer. Avaler deux anxios par réflexe, pas plus de sensation. M'habiller en large, en noir, vouloir noircir ces cheveux à peine revenus à leur couleur naturelle, vouloir du noir, le noir le plus foncé qui puisse. Vouloir que le noir dégouline et tâche à l'infini.
Ne plus vouloir faire d'efforts, hausser les épaules, désinvolture et compagnie. De toute façon, encore des grèves demain. Je vais annuler le groupe. D'un côté, j'ai pas trop le choix, si à nouveau il n'y a pas de tram, j'aurai conduit jusque là-bas pour rien, ne resterait qu'à faire demi-tour. J'irai mercredi voir ma coordinatrice avec ma tête d'enterrement, et ça sera déjà pas mal.

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