10/05/16
11H19
Le manque est toujours là. Le goût de l'absence. Son absence.
Au final, j'aurai expédié la soirée à grands coups de Tercian. Pour pas être seule dans le noir parmi les monstres aux dents longues. La soirée est passée : c'est déjà ça. Le pire est passé.
Je ne sais absolument pas quand il rentrera, sûrement ce soir. C'est dommage, j'aurais bien vu une petite ballade "en amoureux" avec l'appareil photo : il fait beau comme tout dehors. On serait partis je ne sais où, n'importe où, peu importe. Mais il doit raccompagner un ami dans une autre ville, où il restera sans doute un bon moment, puis aider à nettoyer la maison où ils ont dormi, sachant que selon son sms, ils viennent de se réveiller.
L'exercice de la solitude aura été difficile. La dépendance affective qui clignote dans les tons rouges : danger, danger, danger ! Et cette saleté de sentiment d'abandon qui ne m'a jamais lâchée. D'être rien. D'être infime. Et tenter de se raisonner. Et tenter de prendre du recul : c'est rien, c'est toi, c'est dans ta tête ! Arrête...
Demain une nouvelle semaine. Demain, à nouveau, seule. Des rendez-vous certains jours, le groupe auquel je sois assister, un petit tour chez le coiffeur. La voiture qui devra rouler malgré mes mains tremblantes autour du volant et ma bouche asséchée.
Et la routine, et la monotonie. Le soir, toujours la même chose, les mêmes émissions, et le moment du choix du film, le moment où je m'endors, dépitée, lasse de vivre, lasse de ces jours vides où jamais demain ne veut dire quelque chose. Je voudrais que les choses bougent, d'une façon ou d'une autre. Briser le cercle vicieux de la routine installée, ce quotidien terne et sans saveurs. Se surprendre. Inventer. Improviser. J'en sais rien, quelque chose dans ce goût-là.
C'est égoïste, de me sentir... si seule. Je ne peux pas trop lui en demander non plus. Il a le droit de vivre.
Mais voilà, la solitude, j'en peux plus. Elle est là, tout le temps, souvent derrière moi. Elle m'observe.
Elle répète qu'à la fin, ne restera plus qu'elle.

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