dimanche 3 avril 2016

Changer de tête


03/04/16
08H19






Toujours un peu entre deux eaux. 

J'ai décidé de changer de tête. C'est comme ça, c'est comme ça souvent : il faut que ça change. Comme si avoir une nouvelle tête allait modifier quoi que ce soit à ma vie. C'est assez fréquent que je pique ce genre de crise capillaire. Alors je passe par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel : rouge, surtout, noir, parfois, violet, de temps à autres, rouge, encore...

Et pas question de faire les choses moi-même cette fois. Je suis allée chez le coiffeur, le but étant de se rapprocher de ma couleur blonde naturelle. 
La petite coiffeuse a d'abord décapé la totalité de ma chevelure recouverte de colorations diverses et variées : du noir, du rouge, du roux, du brun... elle m'explique ne pas faire ça souvent, mais que dans mon cas, j'ai tant de couches de colorations qu'il faut y passer. Elle même ne sait pas ce que la décoloration va donner. Au final, elle obtient mieux que ses espérances. Passe la coloration. 

Lui me rejoint alors qu'elle me sèche les cheveux. J'ai les cheveux blonds, plus portant sur le vénitien que sur le cendré. J'aurais aimé du cendré, mais elle m'a bien expliqué que sur une base jaune, si l'on met du bleu comme l'est le cendré, bah ça donne du vert. Il fallait donc un blond plus chaud.  Après, je peux venir faire des mèches ou un balayage plus cendré si je le veux. 

Je suis bluffée de retrouver un blond que je n'ai pas eu depuis mes 16 ans, âge où j'ai coloré mes cheveux pour la première fois. Sachant que j'en ai trente (putain, je ne m'y fais pas), ça en fait des années de colorations. 

Je suis enthousiaste pendant des heures, je me découvre dans le miroir, je ne me reconnais pas et j'adore cette sensation. Encore ce matin, je ne me suis pas reconnue. Ça apaise mon teint pâle et fait ressortir mes yeux bleus, dit monsieur. 

Du reste, je suis un peu ailleurs. J'évite de penser à ce qui serait susceptible de m'angoisser. Je fais un peu l'autruche sur mes rendez-vous à venir, la conduite, le tram... je me sais pas comment je vais. C'est fou, c'est étrange. Je n'ai pas pris RDV avec mon psy la semaine qui vient, j'ai espacé de deux semaines. Je ne sais plus trop quoi lui raconter. Au final, j'aurais peut-être dû prendre RDV. Pour dire que je me sens cassée.

La journée du trouble bipolaire est passée, et personne n'en a parlé nulle part. Ça m'énerve qu'on n'essaie pas de sensibiliser le public, lui apprendre ce que c'est, que jamais, dans nulle émission pour une association, ne puisse venir une assos sur les troubles mentaux. Comment ne pas se sentir marginale ? Comment, puisqu'on passe aux oubliettes ? Les troubles mentaux font peur, c'est tabou, on en parle pas. Je suis fatiguée de constater cela. Les français sont très, très mal informés et mélangent tout. Quand on sait qu'une personne sur cinq sera touchée par les troubles mentaux dans sa vie, moi je trouve qu'il faudrait faire bouger les choses. 

Si un jour je vais mieux, promis, moi aussi j'aiderai.

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