06/06/16
Tabac racheté. A découvert un peu plus... J’essaie
de ne pas trop fumer mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Et toujours
cette obsession, d’avaler tout mon traitement. C’est abstrait dans ma tête,
mais je me dis que je n’y arrive plus, et qu’il faut savoir dire stop, sauf qu’on
ne peut pas dire stop de plusieurs manières. Et bon, je finirais aux urgences,
j’avalerais du charbon, je bouderai un ou deux jours sur un lit et je
rentrerais… mais lui ne le supporterait pas, alors je me ravise, et je pense à
autre chose.
Je continue à ne pas vouloir de la vie. A la
trouver absurde et sans intérêt. A vénérer la mort. A me décourager. Je suis
résignée, je commence presque à voir ma situation actuelle comme définitive :
je ne peux pas faire mieux, je ne sais pas faire mieux, je passerai ma vie
enfermée ou à la rue selon la suite de mon couple, ou disons plutôt je mourrai.
Dans ma tête c’est inscrit depuis toute petite, je vais mourir suicidée. Ca me
semble une évidence, que ce soit dans deux mois, deux ans, dix ans… ça me
semble logique.
J’ai vu ma coordinatrice vendredi, ça n’a
servi à rien. Elle-même, je le sens bien, ne sait plus quoi faire de moi. J’ai
vu un sondage, la majorité des français se disent joyeux. J’ai écarquillé les
yeux en me demandant pourquoi pas moi. Il y a un parasite. Mais personne ne le
voit. Ni ne le considère.
Les idées noires stagnent et persistent. J’y
pense. Je réfléchi. J’analyse. J’oublie le mal que ça ferait à ceux qui m’aiment,
je suis concentrée sur moi, et personne d’autre. C’est mon dessein. C’est
ainsi. Ca se produira un jour. En attendant j’analyse, je calcule, j’imagine. Etre
résignée, c’est un peu n’avoir plus rien à perdre. C’est se faire une raison et
accepter les choses telles qu’elles sont. J’ai accepté le fait que je suis une
angoissée chronique qui ne sait pas vivre seule, qui a besoin d’assistance
permanente. Et ce n’est pas ce que j’aurais voulu. Mais voilà, c’est ainsi.
Alors autant abréger le supplice. Même si je ne sais pas encore comment. J’y
médite. Sans mélancolie ni mal-être, j’y pense sans douleur, juste comme d’autres
penseraient au lieu de leurs futures vacances ou le prénom de leur chien. J’y
pense sereine, je pense à ma mort dans une sorte d’état d’apaisement. Certains
s’achètent une voiture, d’autres sautent d’un pont, chacun son choix. Voilà
comment je vois les choses. Mourir est un choix que l’on ne devrait pas
remettre en question. Surtout quand la personne a toute sa tête. En 2016, les mœurs
sont préhistoriques dans ce domaine. « Se suicider ? Etre euthanasié ?
Non mais vous êtes fous, jamais, ça ne se fait pas?? » C’est ridicule…
chacun devrait pouvoir choisir. Je ne comprends en quoi ça choque. On devrait
pouvoir mourir sans la souffrance d’un suicide. Le traumatisme d’un suicide.
Les chiens que l’on pique souffrent moins.
Et c’est moi qui divague ?
Et c’est moi qui divague ?














