lundi 11 avril 2016

Blabla du matin


11/04/16
08H56




Bon. Je me suis encore torturé l'esprit pour rien, je le savais, mais voilà c'était plus fort que moi. Je n'ai pas su gérer la solitude, alors qu'il n'y avait pas à s'inquiéter, alors que je ne devrais me mettre dans des états pareils. J'ai bu du tercian comme du sirop à m'en rendre malade et c'était ridicule. Il n'était pas là et je me suis sentie désarmée par son absence. Faut que je me soigne... ah merde, c'est déjà le cas !

Au final, il m'a récupérée à midi. On a rejoint le futur marié et l'hôte de la maison où ils ont fini leur journée d'enterrement de vie de garçon. Leurs deux compagnes nous ont rejoins, et on a passé - je dois l'avouer - un bon moment au soleil sur la terrasse autour d'un barbecue et les montagnes tout autour. Discussion autour du mariage du couple d'amis, à la recherche de noms pour les tables. J'énonce. Constellations ? Pierres précieuses ? Je discute un peu, mais sans plus : je ne serai jamais extravertie, je resterai réservée, même quand je serai plus à l'aise. Je suis et timide, et réservée. Ou je suis et phobique sociale, et réservée. 
Enfin... même quand je serai moins angoissée par les autres - même ceux que je connais - je pense que je resterai sage, dans un coin, à peser mes mots, à les trier sur le volet.

Il n'empêche, je dois avouer que c'était sympa. Je suis celle qui fera le montage-vidéo de l'enterrement de vie de garçon. Je n'ai pas encore toutes les vidéos mais j'ai hâte : j'adore ça. J'avais déjà fait un montage vidéo accompagnée d'une autre amie pour un anniversaire, on avait réussi à faire un super truc. Je vais déjà voir avec ce que j'ai sous la main...

Demain, groupe estime de soi. 
Groupe qui, je crois, me fait beaucoup de bien, je sens un peu la confiance revenir, je sens le mode de pensée qui évolue...
D'habitude, même avec les commerçantes, secrétaires, coiffeuses, pharmaciennes... je suis froide comme du marbre car terrifiée à l'idée de parler, d'énoncer la moindre phrase. Là, je me sens mieux, il y a quelque chose qui a changé. Je parle d'un ton naturel, j'échange des banalités, je n'ai plus cette grosse boule qui me rend presque hautaine et inaccessible, super angoissée en dedans. Ça peut sembler rien pour les "gens normaux", mais pour moi et ma phobie sociale, c'est une avancée. Discuter trois heurs avec une coiffeuse, c'est tout nouveau. D'habitude, je crois, on doit sentir que je suis mal alors on ne m'aborde pas, on n’insiste pas. 

Je réalise des choses. Je réalise que je vais peut-être un peu plus vers les autres. Je ne sais comment dire. Cette aura de froideur se dissipe doucement. Après, j'ai tellement peur que ce ne soit qu'éphémère... Je n'ose jamais envisager quelque chose comme acquis, je connais trop l'instabilité. Je ne parviens à réaliser le positif parce que j'estime qu'il ne durera pas. 
En plus de me dire : c'est insignifiant. On me répète que, si, si, ce sont des victoires, que, si, si, je peux être fière, mais parfois, je me dis que tout peut si vite changer que ça ne vaut pas la peine de s'attarder dessus.

Du reste, je termine ma coiffure mercredi avec rajout de quelques mèches. Et alors le changement de tête sera terminé.

Jeudi, j'ai un rendez-vous pour parler du groupe "comment gérer son impulsivité", savoir ce que c'est, si je me sens concernée... je pense que oui, je dirais même un gros oui. Car l'impulsivité liée à leur fichu trouble borderline à la con là, je ne la gère pas du tout. Suffit de regarder le week-end, l'abus de tercian, tout ça. Les émotions trop fortes me font faire n'importe quoi : boire trop, mélanger les médocs, vomir... Je pense que cette séance pré-groupe est inutile : j'irai. Je veux en être.

Je sens que le ciel noir au-dessus de ma tête s’éclaircit, mais je sais aussi que les nuages noirs peuvent survenir sans prévenir. Alors je ne prévois rien. Je continue de vivre au jour le jour en espérant que les humeurs se tiendront, que le mal de vivre ne va pas me tomber dessus sans prévenir. Même si ça reviendra. Ça revient toujours... et alors c'est tellement dur. Pour moi. Pour lui. Pour nous. Pour tout. Pour la vie.
Mes crises épuisent mon couple, et je sais qu'il pense parfois à la rupture, et je ne peux le blâmer : je comprends totalement, je suis la première à penser à lui. Je sais aussi que "s'il avait su" avant qu'on ne sorte ensemble, il "aurait dit non". Je sais que c'est dur pour lui. Il s'intéresse à mes pathologies, il est présent, mais ça l'affecte, sans parler de son passif... tout cela n'est pas évident.

J'espère que demain va enfin vouloir dire quelque chose.
On verra. 

Et à côté de ça, la peur. La peur de vieillir, ou plutôt, la peur d'être déjà vieille. La peur du temps perdu, de la jeunesse gâchée, passée sans que je ne m'en rende compte. Me dire : merde, j'ai pas vu le temps passer, j'étais où, je faisais quoi ?
Trente ans, putain. J'ai trente ans, putain. Je fixe le miroir, je cherche d'éventuelles rides, j'ai peur de périmer aux yeux de la société, j'ai peur du corps qui s'affaisse, se déchausse, j'ai peur qu'il parte avec une petite jeune, je me sens mal d'avoir atteint cet âge-là. 
Non, je ne suis plus et ne serai plus jamais une gamine de vingt ans. C'est fini, tout ça. Définitivement fini. Je jalouse les petites jeunes. Ou plutôt leur âge.  Je réalise à retardement que si, si, j'ai trente ans. Ça fait mal, quelque part en dedans, de réellement s'en rendre compte. D'être en face de l'évidence. C'est comme un choc. Comme une mauvaise blague.

Et angoisser : à trente ans, les autres sont posés, ont un travail stable, sont mariés, ont des enfants, et la maison à crédit... moi, je suis un électron libre qui s'agite dans tous les sens et se cogne aux murs. Je n'ai pas la stabilité, je ne connais pas le monde du travail. Les enfants, j'en veux pas, le mariage, non plus. Mais je me sens "en retard" sur les autres... je courre, je tombe, je courre, je dégringole. 

J'espère un jour effleurer une vie moins écorchée, moins instable.
Effleurer une vie - je n'ai pas trouvé d'autre mot -  un peu plus "normale". 

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