dimanche 26 juin 2016

Lettre à mon psy


06/06/16





Tabac racheté. A découvert un peu plus... J’essaie de ne pas trop fumer mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Et toujours cette obsession, d’avaler tout mon traitement. C’est abstrait dans ma tête, mais je me dis que je n’y arrive plus, et qu’il faut savoir dire stop, sauf qu’on ne peut pas dire stop de plusieurs manières. Et bon, je finirais aux urgences, j’avalerais du charbon, je bouderai un ou deux jours sur un lit et je rentrerais… mais lui ne le supporterait pas, alors je me ravise, et je pense à autre chose.



Je continue à ne pas vouloir de la vie. A la trouver absurde et sans intérêt. A vénérer la mort. A me décourager. Je suis résignée, je commence presque à voir ma situation actuelle comme définitive : je ne peux pas faire mieux, je ne sais pas faire mieux, je passerai ma vie enfermée ou à la rue selon la suite de mon couple, ou disons plutôt je mourrai. Dans ma tête c’est inscrit depuis toute petite, je vais mourir suicidée. Ca me semble une évidence, que ce soit dans deux mois, deux ans, dix ans… ça me semble logique.



J’ai vu ma coordinatrice vendredi, ça n’a servi à rien. Elle-même, je le sens bien, ne sait plus quoi faire de moi. J’ai vu un sondage, la majorité des français se disent joyeux. J’ai écarquillé les yeux en me demandant pourquoi pas moi. Il y a un parasite. Mais personne ne le voit. Ni ne le considère.



Les idées noires stagnent et persistent. J’y pense. Je réfléchi. J’analyse. J’oublie le mal que ça ferait à ceux qui m’aiment, je suis concentrée sur moi, et personne d’autre. C’est mon dessein. C’est ainsi. Ca se produira un jour. En attendant j’analyse, je calcule, j’imagine. Etre résignée, c’est un peu n’avoir plus rien à perdre. C’est se faire une raison et accepter les choses telles qu’elles sont. J’ai accepté le fait que je suis une angoissée chronique qui ne sait pas vivre seule, qui a besoin d’assistance permanente. Et ce n’est pas ce que j’aurais voulu. Mais voilà, c’est ainsi. Alors autant abréger le supplice. Même si je ne sais pas encore comment. J’y médite. Sans mélancolie ni mal-être, j’y pense sans douleur, juste comme d’autres penseraient au lieu de leurs futures vacances ou le prénom de leur chien. J’y pense sereine, je pense à ma mort dans une sorte d’état d’apaisement. Certains s’achètent une voiture, d’autres sautent d’un pont, chacun son choix. Voilà comment je vois les choses. Mourir est un choix que l’on ne devrait pas remettre en question. Surtout quand la personne a toute sa tête. En 2016, les mœurs sont préhistoriques dans ce domaine. « Se suicider ? Etre euthanasié ? Non mais vous êtes fous, jamais, ça ne se fait pas?? » C’est ridicule… chacun devrait pouvoir choisir. Je ne comprends en quoi ça choque. On devrait pouvoir mourir sans la souffrance d’un suicide. Le traumatisme d’un suicide. Les chiens que l’on pique souffrent moins. 
Et c’est moi qui divague ? 

1 commentaire:

  1. Je n'ai pas de conseil à te donner sur le pour ou contre du suicide. Sache juste que se rater peut être pire que de vivre. J'ai eu beaucoup de chance, j'ai récupérer quasi 100% de ma mobilité. Et je ne me sens pas prête à remettre ça. Même quand ça va mal. A la rigueur je dis juste: J'aurais préféré ne pas me rater." Ou je rêve de défenestration. Mais j'ai pris conscience que l'acte est trop violent et risqué.

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