15/06/16
08H03
Un chewing-gum à la fraise dans la bouche. Mes dents grincent. Reste calme, je me dis. Reste calme, ça va aller, c'est juste une sale période à passer. Ça va aller, si, si. Le manque de cigarette est douloureux, c'est comme marcher sur des œufs, c'est comme être démineur, c'est... c'est en suspension, ça peut voler en éclats d'une seconde à l'autre, alors il faut respirer, rester calme, ne pas se tromper de fil sur la bombe en nous, ne pas écrabouiller les œufs sous nos chaussures, non, il faut faire des mouvements lents, il faut éviter tout ce qui pourrait nous faire défaillir, il faut respirer et penser à la liberté qu'on veut retrouver. Mais surtout, maintenir un état stable. Se dire, se répéter, ce n'est pas grave, ce n'est rien, il faudra juste attendre que le manque disparaisse. Et la peur soudain que le manque reste à jamais. Je le connais tant ce manque-là que j'ai du mal à l'imaginer dégager. J'ai du mal à imaginer une journée où au réveil je me lève, et ne ressens pas l'appel de la cigarette alliée au café. Bref. Passons déjà les trois premiers jours. Tout en continuant d'aller doucement, tel un paresseux, pour éviter de trop balloter la grenade en dedans. Oui. Doucement, tout doucement. Rester calme. Respirer. Ça va aller.

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