29/10/16
09H40
La séance d'hier a été plutôt constructive, enfin je crois, je suis pas très sûre... C'est tellement étrange... il m'a ré-expliqué, cette thérapie dont j'ai oublié le nom a été utilisée sur les victimes des attentats du 11 septembre. Elle permet de digérer des souvenirs, de modifier leur impact. Une sorte d'EMDR, j'ai envie de dire.
Il a donc ressorti ce que j'appelle sa canne à pêche. J'ai dû trouver "l'endroit" où mes ressentis en pensant à ma peur des autres était la plus intense. Pas évident... il balait de droite à gauche, lentement. Je me concentre comme je peux. A un moment, je sens mon ventre se tordre un peu plus, je dis stop, sans forcément en être sûre. Il balaie alors de haut en bas, je dis stop encore, sans savoir si le point va être le bon. De là commence une heure à fixer le bout de la canne à pêche...
... Je dois dire mon ressenti sur une échelle de un à dix, parler si j'ai envie, alors je dis ce qui vient, je me revois assise sur les escaliers à l'école, je me revois m'amuser avec mon frère ou le consoler à son entrée en maternelle ou surveiller qu'il respire encore la nuit... je me vois conduire, mais de l'extérieur... je parle, je note, je ne parle plus, je re-parle, sans savoir si ce que je fais est constructif ou pas. Je réalise que comme à chaque fois que j'angoisse par exemple, je suis "en apnée".
Je note un moment, sans réfléchir : "je n'ai pas le droit de respirer". Sans raison ni sens. De là se rapprocher de ma petite sœur morte-née à cause du cordon ombilical autour du cou, des nuits passées à surveiller que mon frère respire encore.
Il cesse enfin l'exercice, je ne vois plus rien force d'avoir fixé le bout de la canne pendant trois quarts d'heure... Me demande quel âge j'avais. J'explique que je devais avoir six ans quand je surveillais mon frère et que j'ai découvert avoir eu une sœur morte-née à quinze ans en fouillant. Et cette sensation d'apnée... ces mots, je n'ai pas le droit de respirer. Un lien se crée. Impalpable, délicat. Presque trop simple ou trop facile. Vous avez dû ressentir la tristesse de vos parents. Les non-dits dans les familles pèsent plus qu'on ne l'imagine. Vous avez senti ce qui s'est passé.
Il me dit de noter si je vois des différentes de comportement, ou des rêves qui m'auraient marqué, pour la prochaine séance.
Il m'aura au final gardée un quart d'heure de plus que prévu.
C'est vraiment bizarre mais après tout, je n'ai jamais essayé tout ça, alors je n'ai pour ainsi dire rien à perdre.
Je signe mon chèque de 60 euros en lui précisant d'attendre pour l'encaisser et on rentre tous les deux.
Il adore son tee-shirt et le gâteau à la chartreuse était très bon. Je me suis endormie devant une parodie de star wars, après être partie dans des délires improbables à cause du joint.
Advienne que pourra, du reste. La suite au prochain épisode.

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