24/10/16
06H
Je me lève de plus en plus tôt. Je m'ennuie de plus en plus tôt. Rendez-vous chez le psy ce matin, la séance reportée de la semaine dernière, quand je n'ai pas pu prendre le volant à cause du "pressentiment".
Je n'ai pas envie de conduire jusque là-bas, mais je ne vais pas reporter indéfiniment. Je vais simplement essayer. Ou me répéter, comme me le dit justement le psy : ça se passe bien, alors POURQUOI angoissez-vous ?
Je serai en avance, si j'y vais. Je ne sais pas attendre et m'occuper. Non, j'attends en tournant comme un lion en cage. J'attends avec appréhension que la nuit s'en aille. Pleuvra-t-il ? Non, s'il vous plait, pas de pluie...
Hier, vu ma tante et mon oncle, ça a fait du bien. Même si angoisse en fin de journée. Avaler trois lexomil, puis quatre, puis cinq, puis laisser tomber. Dormir tôt, sombrer disons, comme chaque soir. M'assoupir sur le canapé et l'entendre de loin, de très loin : "va te coucher". Ne pas parvenir à me réveiller, évoluer dans une sorte de coma. Me relever péniblement, l'entendre encore. "Mais va te coucher." Rester assise, à moitié penchée, incapable de me lever. Rester un quart d'heure comme ça. Atteindre difficilement la chambre et sombrer à peine allongée. Ne pas même l'avoir entendu se coucher. Je l'ai confié à ma tante, ces soirs où je sombre, elle trouve ça inquiétant. Mais comme dit le psy qui gère mon traitement et que je vois jeudi : je ne sais plus comment modifier vos médicaments, vous en prenez déjà beaucoup et à de fortes doses... lithium ? Là, on attend de voir si le second antidépresseur fait effet. Je me sens toute fragile. Prête à rechuter.
Je me maintiens au rebord alors que la tempête approche.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire