dimanche 4 décembre 2016

En rose et noir


04/12/16
07H51






Une amie est venue me voir hier, elle a fait l’aller et retour de Montpellier jusqu’ici, ce qui m’a touchée car ce n’est pas la porte à côté. La journée s’est bien passée, très bien passée. Ca m’a fait du bien, j’ai mis mes soucis de côté, pour un temps. Je me rappelle encore notre rencontre. J’arrivais au lycée terrifiée, en retard pour le premier cours à cause des nombreux bâtiments. Je suis entrée dans la salle, tout le monde me regardait. Tous étaient derrière sauf elle, au premier rang, sérieuse, de longs cheveux, de petites lunettes et pas de marque ou de style vestimentaire comparé à la meute, derrière. Je me suis assise à côté d’elle. Et malgré nos nombreuses différences, on est devenues amies. Et j’aimais quand on se baladait sans rien dire. « J’aime nos silences » me disait-elle. On avait pas besoin de parler pour ne rien dire. Notre relation est unique. 


Mais hier soir au moment de m’endormir, les bouffées d’idées noires. Avant, la petite voix me disait de maigrir. J’ai su la dompter. Aujourd’hui, elle me susurre que je finirai par devoir sauter de ce pont. C’était atroce, je délirais complètement, et lui dormait, j’aurais tant aimé le réveiller… mais pour lui quoi ? Sans l’affecter ? Alors j’ai fermé les yeux très fort. Mais elle me disait que je n’arriverai jamais à avoir une vie normale, que j’ai choisi ce lieu, écrit mes lettres, qu’il me suffit d’une bonne dose de courage et d’un GPS.  Que ça finira comme ça, quoi que je fasse. J’ai fini par m’endormir mais cela me hante depuis le réveil. Car je sais les efforts qu’il faudra faire en janvier – j’ai demandé une pause de fin d’année. Je ne sais pas si j’en serai capable. Je ne sais pas si j’y arriverai… Et me rappeler le psychiatre du centre, qui me demande de l’avertir si je compte mourir. Qu’il a une responsabilité envers moi. Et les détails qu’il voulait, que je lui ai donnés. Et ses mots, vous devez nous le dire. J’ai haussé les épaules, lancé un « je verrai » dans l’air. J’ai tellement peur de mes idées noires. Je ne comprends pas pourquoi elles me dévorent comme ça.

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