19/11/16
09H
Je n'y pense pas. Je m'autorise un peu de répit. De déni. Moins d'idées noires que hier au soir. Je m'autorise une journée, oui, où je ne pense plus à tout ça. (où j'essaie de ne pas y penser, plutôt) Une soirée ce soir, autant être un minimum en forme. Et lui. Je ne veux pas qu'on s'embrouille, comme ça a failli hier soir.
- Qu'est-ce que t'as ?
- Rien, je veux pas qu'on s'engueule.
- Dis.
- Non.
Vu que ça finit toujours en engueulade. Et comment dire les idées suicidaires ? On a déjà fait le tour de la question, ça ne sert à rien d'en parler, de le faire souffrir. Vu qu'hier soir, je me suis isolée, j'ai repris mes lettres, les dernières, pour les améliorer, et j'ai trouvé le lieu, et j'ai vu que c'est à une heure, une heure et demie de route, qu'ils appellent ce pont le pont des suicidés. Ils veulent carrément mettre en place des rondes tant les gens s'y jettent. J'étais déconnectée, en faisant ces fouilles, comme à chaque fois. Je suis dans une sorte de coma malsain, je quitte le réel, les idées noires prennent toute la place. Il ne reste qu'elles.
J'aurais tué pour une clope, putain. Comme ce matin.
J'aurais tué pour une clope, putain. Comme ce matin.
Aujourd'hui je ne pense pas. Enfin, j'essaie.
Demain, on verra.
Je sais qu'il va bien falloir affronter mes peurs. Mais j'aimerais aussi qu'on m'encourage au lieu de me donner des ultimatums. Parce que je suis réellement terrifiée. Parce que je ne l'invente pas, et les angoisses qui vont avec. Je me sens prise au piège, poussée dans mes retranchements, comme un animal. J'essaie de fuir.
Hier soir, manger trop, ce matin, détester le chiffre sur la balance. Et ce soir, à la soirée, je sais que l'on va boire et manger trop encore. (soupir) Je mangerai le moins possible.
Je veux sortir de ce cercle vicieux de peurs et d'anxiété. Je peux peut-être y arriver. Il faut que les choses changent. Ou se terminent.

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