mercredi 4 mai 2016

Verte ou Rouge


04/05/16
14H11





J'aurai essayé. Mais voilà, comme le définit le groupe, je suis impulsive. Arrivée à la gare, 5min de retard, puis 10min, puis 15min, j'ai intérieurement piqué ma crise et fait demi-tour pour rentrer. Remis de l'essence : je ne serai pas sortie pour rien. 
C'est quand même la seconde séance de ce groupe que je manque... une part de moi culpabilise, une autre s'en fout. 

Je suis si vide de forces que je n'arrive même plus à faire le ménage, ou ne serait-ce que prendre une douche. Je suis éreintée, et jamais je ne parviens à me reposer, le corps toujours aux aguets, toujours tendu, toujours angoissé. Je tire sur la corde et je sens que je vais pas tarder à tomber. Ma coordinatrice vient de m'appeler, et encore un RDV, c'est la fête ! Je sature, je sature... laissez-moi tranquille.

L'envie d'avaler tout mon traitement juste pour finir aux urgences, et avoir le droit, et m'accorder le droit d'insulter les soignants, hurler, déverser ma haine, refuser de manger, de boire, me laisser crever sur un lit. Finir dans un HP sordide, là où peut-être est ma réelle place en ce monde. Je suis fatiguée des efforts. Celui que j'aime trouve que j'ai en effet beaucoup trop de RDV, que c'est pas étonnant que je craque, comme hier. Jamais de vacances dans les soins. Dans la maladie. Jamais de pause.

Envie de faire comme avant, à l'époque où j'étais forcée de consulter, ne pas y mettre du mien, me rebeller. Envie de dire merde, de dire non, de dire allez tous vous faire foutre. Alors que ces gens ne sont là que pour m'aider... mais la haine est profonde, elle colle et s'englue.

Samedi je saute à l'élastique pour la seconde fois. Ça ne me fait ni chaud ni froid. Ou plutôt, froid. Je voyais ce pont comme une option suicidaire. Je m'étais mise à l'associer au suicide, 103m, ça devrait le faire. Ça va être bizarre d'en sauter avec un élastique. De me dire, peut-être un soir je serai là, seule, sans les amis et leurs appareils photos, pour mon dernier saut. Ne cherchez pas de positif en moi, il n'y en a actuellement plus. Je suis une boule de bile bien visqueuse. Je suis un venin puissant. Je suis imperméable à tout, et mes idées sont noires et fixes. 

Qu'ils aillent se faire voir, je suis fatiguée, fa-ti-guée, putain !

1 commentaire:

  1. Tu sais d'où je reviens et tu connais mes déboires avec les médocs. Te prescrit-on toujours du Lexo? C'est comme le Xanax, ça a une "demi-vie" courte, c-à-d que ça fait effet tout de suite mais pas longtemps. Depuis que je suis sous un benzodiazépine à demi-vie longue il me semble que sur le long-terme (des jours, des semaines, des mois) l'angoisse s'est fortement atténuée, les crises rares. ça ne coûte rien d'en parler au psy. Après, chacun réagit différemment au traitement. Et puis il y a aussi cette surabondance de suivi. Dis-leur franchement que tous ces rdv c'est beaucoup trop, revois avec eux ce qui est le plus important. Bisous!

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