30/05/16
07H36
Le week-end s'est bien passé.
Apéro et soirée chez des amis samedi, où je me suis révélée sociable et bavarde, ce qui est (très) rare. Me dire, ça se trouve, je commence à aller mieux. Profiter, manger, boire, rire, délirer, jouer, et rentrer aux alentours de une heure du matin, heureuse. Repas dans ma famille hier, et décider d'offrir quelque chose à ma mère même si on ne s'offre jamais rien. Un petit débardeur fleuri, féminin, parce qu'elle est comme ça ma mère, elle a encore de lourdes séquelles de ses années de TCA, quand elle était jeune et hospitalisée et sous sonde. Elle ne s'habille que dans les magasins de sport. Alors lui offrir un petit haut féminin mais sans trop en faire, en me disant peut-être qu'elle le mettra... en me disant, j'aimerais bien qu'elle se sente mieux, elle continue de manger comme un oiseau. Qu'est-ce qu'elle est maigre ta mère, m'a répété celui que j'aime quand on est partis vers seize heures hier. Qu'est-ce qu'elle est maigre...
Mon frère ne mange pas plus. Et en surplus, fait énormément de sport. Il tombe régulièrement dans les pommes. Et moi. Et mes onze années de troubles du comportement alimentaires passées, que j'ai combattues pour retrouver ma liberté. Les carences, les malaises, les hospitalisations, les prises de sang, l'obsession du vide, de la faim. C'est presque familial, donc... les chiens ne font pas des chats.
La routine reprend. J'appréhende la conduite pour mon rendez-vous de ce matin. J'ai la boule au ventre, qui doucement grossit. Je l'apprécie pas, ce nouveau psy désinvolte et indifférent. J'y vais juste pour mon ordonnance du mois.... et ce soir, je vois mon autre psy, celui qui s'occupe de la thérapie. On verra bien. Je veux juste rentrer de mon RDV de ce matin, être débarrassée de la conduite, et en plus il pleut... trois lysanxia dans le sang qui ne suffisent pas. Je vais doubler les doses, chaque heure, et partir en avance, et arriver en avance, et attendre, et angoisser.
Il faut que je fasse quelque chose de ma vie. Avoir eu trente ans cette année me fait réaliser à quelle vitesse file le temps, à quel point je dois me dépêcher de vivre. Oui, vivre, pas rester enfermée à cause des peurs des autres, de l'extérieur, de la voiture, de si, de ça. Entrer dans les normes, avoir un travail, un salaire. Vaincre la phobie sociale, apprivoiser le trouble borderline, apprendre à vivre avec le trouble bipolaire... ça en fait, des choses, tout ça. Plus le tabac qu'il va bien falloir par arrêter, surtout que je tousse de plus en plus.
J'ai peur.
Je ne veux plus avoir peur.
La peur épuise.
Et je suis épuisée.
La vie court et moi je fais du sur-place. La vie file et moi je suis restée en arrière. Il faut que je me bouge, me ressaisisse, j'en sais rien. Mais faire quelque chose, et vite.

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