mardi 3 mai 2016

Tirer sur la corde


03/05/16
12H51



J'ai craqué. Au bout d'un quart d'heure de groupe. Je n'écoutais pas. J'étais recroquevillée sur ma chaise, loin de ce qui se disait autour de moi. Les larmes me sont montées aux yeux. "Je peux partir ?" j'ai demandé. L'une des intervenantes m'a accompagnée dans une petite salle, où j'ai juste répété comme un robot malade des "j'en peux plus, j'en peux plus". Je suis partie sans demander mon reste. Je crois que je vais annuler, reporter, faire une pause, j'en sais rien, je sais juste que je n'y arrive plus, non, j'y arrive plus.

Dans le tram, au retour, des idées noires. Ou juste appeler à l'aide en avalant tout mon traitement, toutes mes réserves. Et me laisser crever sur un lit d'hôpital, pouvoir cracher ma haine aux soignants pour qui la vie est sacrée, redevenir cette adolescente agressive que j'étais, pouvoir dire merde, dire allez vous faire foutre, tous !

Avant, j'étais forcée de voir des psys, je pouvais bouder. Là, j'essaie de m'en sortir, je ne peux réagir ainsi. Mais j'aimerais. Péter un plomb, qu'on se mette à trois ou quatre pour me tenir, être shootée par quelque calmant et envoyée dans une salle d'isolement où je hurlerais à m'en fendre les cordes vocales.

Dimanche, j'ai tenté de conduire et ça a été un fiasco.
Le lendemain, j'y suis arrivée.
J'ai rencontré le nouveau psy qui gérera mon traitement. Un homme désinvolte qui avale des tic-tac comme des bonbons car il arrête de fumer. Indifférent, il a prit quelques notes en plus de ma feuille de recommandation avec antécédents et traitements en cours. Je l'aime pas.

Je vais aller m'allonger et sans doute dormir. Je suis épuisée. Demain, je dois encore y retourner. Je sais pas si j'aurai la force. J'ai plus la force de rien. Le simple fait de devoir prendre une douche est déjà une épreuve...

J'ai tiré sur la corde. Et ça dit stop. J'ai craqué et les larmes ont grouillé. Je suis partie. Je ne veux plus, qu'on me fiche la paix, qu'on me laisse avec mes névroses et mes idées noires.

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