29/09/16
07H32
Rentrer de vacances. Avoir tellement su déconnecter que le retour au réel est douloureux. Reprendre les rendez-vous. Se sentir défaillir. Se sentir comme à la fin de l'histoire.
Hier, j'avais RDV pour reprendre la thérapie des schémas avec un autre thérapeute. Je me demande d'ailleurs si je pourrai suivre cette thérapie auxquels mes soignants tiennent tant, 60 euros à avancer, remboursement incomplet, et bon, et bon, j'ai pas un rond. Je sais que ce n'est pas le meilleur moment vu mes idées noires, mais j'ai commandé des Nicorette "fruits" à la pharmacie. Ils n'avaient que menthe. Je déteste la menthe. Et la semaine prochaine, plonger dans l'hystérie de l'arrêt du tabac. Au moins essayer, on ne peut plus se payer ce luxe.
Bref. Comme mon RDV avait lieu dans le bled de son second boulot, il est passé me prendre en passant, et m'a déposée.
Une heure d'avance dans le cabinet où je repense au reportage que j'ai vu la veille. Elle s'appelait Marion, elle aussi. Et j'ai bien failli, comme elle, céder aux insultes et aux moqueries permanentes. Mais j'avais de la chance dans mon malheur, deux amies sur qui compter qui désamorçaient mes scénarios suicidaires et séchaient mes larmes.
Bref... me sentir si mal, hier, dans la salle d'attente. Arracher une page blanche d'un bouquin et commencer à écrire. Reprendre les mots de Solenn, pour commencer, parce qu'ils disent tout : merci pour tout, mais je n'aime pas la vie. Et écrire, écrire sans fin. Parce que je me disais, je me pendrais bien demain. Mettre un terme à toute cette connerie que je ne peux plus supporter. J'ai la lettre sous les yeux. Je ne sais pas si je la garde "au cas où" ou si je la déchire.
***
" Merci pour tout, mais je n'aime pas la vie. Je ne peux plus. Je ne veux plus. J'ai tellement lutté, si tu savais, serré les dents. Pour t'épargner. Ne surtout pas te faire de mal. Ne pas t'en rajouter une couche. Je suis désolée. Désolée pour tout. Désolée que ça tombe sur toi, surtout. Tu ne mérites pas ça. Pas deux fois. Mais il faut que je pense à moi maintenant. J'ai essayé de te protéger en luttant contre les idées noires, mais je n'ai plus de forces. Je suis arrivée à la fin de mon histoire. Je ne peux plus lutter pour toi. Je ne peux plus te protéger de moi.
Avec le temps, tu comprendras que c'est mieux comme ça. Pour toi comme pour moi. Je ne veux pas que l'on soit triste. Je veux.... que l'on comprenne que cette douleur sourde en moi a enfin disparu. Ne t'en fais pas. Je suis en paix. Plus d'angoisses, de mal-être, de douleur. Je suis libre.
Je te souhaite de retrouver le bonheur. Trouver ton équilibre. Ta voie. Tu es capable de grandes choses. (si, si) Je crois en toi. *smiley qui sourit* Voilà... je sais que c'est dur mais le temps apaise les blessures. Merci pour tout. Prend soin de toi, promis ?"
***
Je vais la garder. Comme les autres. Réveillée par l'angoisse ce matin. RDV avec ma coordinatrice. J'annulerais volontiers si je m'écoutais. J'irai, et en voiture, et advienne que pourra. Je lui dirai que ça ne va pas bien du tout.... je crois qu'elle m'enverrait à l'HP j'en aurais rien à foutre.
Hier le RDV s'est bien passé, enfin je crois. Des schémas qui se dégagent. Je raconte, je réponds aux questions. Le psy qui compatis presque.
- Vous avez regardé le reportage hier ?
- Oui.
- Vous vous êtes reconnue ?
- Oui.
- De ce que vous me dites, je pense que vous étiez une enfant précoce.
- Ah.
- On va travailler là-dessus.
Il voulait une séance par semaine. Sauf que 60 euros par semaine, ce n'est pas possible. Alors on va commencer par deux par mois. J'attends de voir comment ça sera remboursé tout ça. J'aimerais venir chaque semaine, je sens que cette thérapie rare en France peut m'aider sur certains points, mais quand les finances ne suivent pas...
Et me rappeler d'un détail.
- Vous luttez. Même si vous vous sentez au fond du trou. Quelque part en vous, vous voulez vivre, sinon vous auriez trouvé un moyen, et vous seriez déjà morte.
Ne pas savoir quoi répondre à ça.
Et me rappeler d'un détail.
- Vous luttez. Même si vous vous sentez au fond du trou. Quelque part en vous, vous voulez vivre, sinon vous auriez trouvé un moyen, et vous seriez déjà morte.
Ne pas savoir quoi répondre à ça.
Je me sens encore infiniment triste ce matin.
Je regarde le jour se lever.
Je ne sais plus ce que je veux.
Je me sens.... épuisée.

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